Magret de canard et pommes de terre sous la braise

Ingrédients pour 4 personnes :
- un magret de canard de 400g
- 8 pommes de terre de saison
- sel
-romarin
- poivre cinq-baies

Matériel :
- un poêle de masse
- une poêle en fonte (surtout aucune partie plastique !)
- une pelle à feu
- un seau à cendres
- des maniques


Allumer un feu dans le poêle de masse.

Lorsqu'il ne reste que des braises d'environ 2cm, à l'aide de la pelle, sortir quelques pelletées de cendre dans un seau à cendre. Déposer les pommes de terre sur le fond du foyer, les recouvrir de la cendre sortie précédemment, puis verser des braises par-dessus.

Dans l'espace restant du foyer, aplatir les braises pour qu'elles forment un lit, y poser la poêle en fonte avec le magret que l'on aura saupoudré de gros sel, de romarin et de cinq-baies.

Surveiller la cuisson : elle devrait prendre environ vingt minutes. Planter une fourchette dans les pommes de terre, elle doit s'enfoncer facilement. Pour le magret, le parfum dans la maison devrait renseigner sur la cuisson.

En sortant la poêle, prendre garde à l'huile bouillante qui s'est échappée de la viande.

Déguster immédiatement.

Chauffage au bois

En même temps que nous isolions notre maison, nous tenions à changer de système de chauffage : la vieille chaudière à air pulsé nous était devenue hostile en raison du bruit, de la poussière et du manque d'efficacité. Parmi les nombreuses solutions envisagées (plancher chauffant, radiateurs électriques couplés à des panneaux photovoltaïques... ) notre préférence s'est vite portée sur le bois.

Le bois est une source de chauffage écologique : bien que sa combustion rejette du CO2, sa consommation encourage la filière bois, qui consiste à planter des forêts, lesquelles stockent le CO2.

Pour que le chauffage au bois soit le plus écologique possible, il faut que la combustion soit la plus complète possible, c'est-à-dire qu'il faut éliminer les systèmes où on alimente en permanence une flamme peu chaude : cheminées, poêles à combustion continue. Ces systèmes posent toutes sortes de problèmes : de la fumée, des suies, des goudrons qui encrassent les conduits. Ils nécessitent d'acheter les bois qui produisent le moins de résidus, c'est-à-dire les bois de luxe, type chêne.

Parmi les systèmes de chauffage au bois ayant un haut rendement, figure la chaudière à granulés. Nous l'avons écarté car il est compliqué de s'approvisionner en granulés dans notre région (les Yvelines). Ce système est intéressant lorsqu'on a une scierie à proximité.

Finalement, nous avons découvert au détour d'un salon sur l'habitat écologique ce qui est, selon nous, la star du chauffage au bois : le poêle de masse.

Le poêle de masse fonctionne sur le principe de l'accumulation de chaleur. Tous les jours, on fait une flambée à très haute température (de l'ordre de 1000°C). Les fumées, au lieu de sortir directement à la verticale comme dans les poêles normaux,  circulent dans un labyrinthe de conduits où leur chaleur est lentement récupérée. Ainsi, au sommet du poêle, elles ne sont plus qu'à 120°C. Elles peuvent alors sortir par la cheminée.
Ainsi chargée en énergie, la masse du poêle va restituer lentement la chaleur, sous forme de rayonnements qui procurent la sensation de chaleur la plus confortable (c'est la sensation qu'on a face aux flammes). Une flambée de 2h suffit à chauffer la maison pendant 24h.


Les avantages
 
Le rendement : cinq ou six bûches permettent de chauffer la maison pendant 24h.
La facilité d'usage : on charge le bois le matin, puis plus rien à faire jusqu'au lendemain. Il faut simplement refermer la trappe d'évacuation des fumées à la fin de la flambée, soit au bout de deux heures environ. Les feux sont étonnamment faciles à allumer, car le foyer reste toujours chaud, ce qui favorise le départ des flammes. 
Le prix du combustible : grâce à sa combustion à très haute température, on peut y mettre n'importe quel bois : résineux, branchages du jardin, mais aussi palettes ramassées dans la rue. Ainsi, même en cas d'engouement pour le chauffage au bois dans les années à venir et de hausse des prix, nous pourrons toujours nous fournir à bas prix.
Le confort : avec une chaleur rayonnante, on se sent bien à 18°C, quand il arrive d'avoir froid avec un chauffage électrique à 22°C. Le poêle constitue une centre d'attraction dans la maison, on vient s'y coller pour se relaxer, on s'assoit devant pour lire...



Les inconvénients

Dans notre maison à deux étages, la chaleur peine à monter jusqu'au second. Nous envisageons un deuxième poêle d'appoint à l'étage. Comme toujours, la quantité de chauffage nécessaire dépend de l'isolation de la maison, et la nôtre n'est pas encore parfaite.


Nouveau mode de vie

Le poêle de masse s'inscrit parfaitement dans les nouveaux modes de vie plus lents et plus naturels que prônent les mouvements décroissants. Tout le monde ne verra pas l'intérêt qu'il y a à se lever une heure plus tôt pour aller fendre le bois en vue d'allumer un confortable petit feu. Il y a cependant un vrai plaisir à contrôler le matériau qui nous réchauffe, plutôt que de bêtement tourner le bouton du thermostat.
En outre, notre poêle est ludique car nous nous en servons pour cuisiner, ce qui donne lieu à toutes sortes d'expérimentations : d'abord le pain, pour lequel il est particulièrement adapté (délicieux !), puis les viandes, pommes de terre, pâtisseries diverses... Bien sûr, cela nécessite une certaine organisation, car on ne décide pas de la température, mais on attend qu'elle soit appropriée. C'est un rapport enthousiasmant aux éléments, où l'on apprend à s'adapter pour obtenir les meilleurs résultats en fonction de ce que nous offre la nature (le feu), au lieu d'avoir des appareils électroniques qui se plient à nos moindres désirs et nous font oublier la complexité des choses.

Connaître sa maison

Les éco-constructeurs qui achètent leur terrain et construisent leur maison ont la chance de pouvoir choisir son orientation. Libre à eux de mettre une grande verrière au sud, ombragée par une pergola en été et baignée de soleil en hiver, des ouvertures minimum au nord, un toit végétal, des panneaux solaires...
Mais pour ceux qui rénovent un bâtiment ancien, certains choix sont éliminés d'office. Notre toit est orienté sud-sud-ouest, ce qui fait un ensoleillement nettement moindre que si le toit était plein sud. Des panneaux photovoltaïques ne seraient pas assez rentables.
Au registre de la récupération d'eau, pour cause de mitoyenneté, nos gouttières se déversent chez les voisins, ce qui nous empêche d'avoir un réservoir d'eau de pluie. Ces détails étaient assurément sans importance à l'époque de la construction du quartier. Désormais, il faut s'en préoccuper si nous voulons que chaque maison de France puisse devenir écologique. 

Éliminer les polluants

Avant tout, il a fallu éliminer l'isolation précédante, qui partait en poussière. Polystyrène et laine de verre sont partis à la déchetterie, non sans mal : masques, gants et lunettes de chantier requis, ainsi que de très nombreux sacs poubelle. Pour anecdote, nous pensions avoir désamianté la maison à l'achat, nous avons retrouvé des petits carrés découpées dans des dalles vinyle-amiante qu'un bricoleur avait utilisé pour remplacer les rondelles des clous dans la toiture. Des quantités minimes, mais qu'il faut légalement porter au seul centre d'Île-de-France qui les retraite, à Évry.

Quantités

Nous avons choisi de commencer par isoler le plancher du grenier, en essayant au passage de remplir les murs du dernier étage, pour tester l'efficacité de notre méthode.

Pour 45m2 de surface sur une épaisseur de 20cm, il nous fallait 9m3 de liège, vendu en sacs de 250L.
Ce sont donc 36 sacs de 16kg chacun qui se sont empilés dans le jardin un beau jour d'été.

Du choix de l'isolant

Le choix d'un isolant écologique est un débat ardent. Ouate de cellulose, laine de chanvre, liège, fibre de bois, pour ne citer que les plus courants. Tous ont des qualités et des défauts. Pour notre part, nous avions plusieurs contraintes :
- facilité de mise en œuvre, car nous souhaitions le faire nous-même
- possibilité d'exploiter le vide d'air dans nos murs
- budget raisonnable

Pour ce qui est de remplir l'intérieur des murs avec de l'isolant, il existe des machines qui soufflent la ouate de cellulose dans un caisson et font une isolation uniforme et de qualité. Malheureusement, on ne pouvait louer ce genre de machine pour le faire nous-même. Nous avons donc choisi les granulés de liège, qui nous semblaient le matériau idéal pour faire tomber dans les murs.


Le liège est imputrescible, il isole thermiquement mais aussi phoniquement, ce qui n'est pas négligeable en centre-ville. Sa pose est d'une simplicité enfantine. Sa durée de vie est en théorie illimitée. Toutes ces qualités justifiaient pour nous le prix, qui n'est pas le plus abordable des isolants écologiques.

Isolation par l'intérieur ou par l'extérieur ?

Décider d'isoler sa maison n'est que le premier pas d'une longue série de choix à faire, dans un domaine pas forcément très bien renseigné : malgré le nombre de témoignages sur internet, tous les cas sont particuliers et on se sent un peu pionnier de sa propre méthode.

La première question était : isoler par l'intérieur ou par l'extérieur ?
L'isolation par l'extérieur est la garantie de bons résultats, car elle permet une vue d'ensemble sur la maison, et la certitude d'avoir "bouché tous les trous". Deux problèmes dans notre cas :
- deux de nos murs donnant sur les jardins des voisins, il aurait fallu empiéter sur leur espace (l'isolation par l'extérieur "agrandit" la maison).
- c'est une solution relativement onéreuse.

Nous nous sommes donc orientés sur une isolation par l'intérieur, d'autant plus que nous avions bon espoir d'utiliser le vide d'air dans nos murs pour isoler sans réduire notre espace intérieur.